En trois temps.

Il faut contempler les choses
Telles qu’elles sont,
Telles qu’elles seront et telles qu’elles
Furent.

Parfois, lorsqu’on boit
Du café
On se brûle un petit peu le bout
De la langue.
Et ce petit bout de chair brûlé
Reste engourdi bien après que la tasse ne soit plus
Fumante.

(more…)

Advertisements

Coquelicot

Il faut recouvrir les rochers
De quelques plantes grimpantes.
Il faut orner les gravas
D’un million d’orties scintillantes,
D’un sac plastique à moitié déchiré
Flottant entre le troisième et quatrième étage,
Fier étendard du temps qui passe sans s’écouler.

Il faut offrir aux piliers de béton
Des moisissures, des lianes urbaines issues d’une forêt de ciment.
Il faut les parer de toutes les couleurs de la pourriture.

(more…)

Prologue

C’est le début,
C’est la fin.

Premières esquisses d’une pelouse brûlée par la neige.
Le soleil réchauffe enfin mes joues blanchies par le froid.

Les températures flottent, montent et descendent comme sur un manège.
Dehors, il fait bien plus chaud qu’on ne le croit.

(more…)

Écoutons plus fort, débattons!

“Réfléchir, c’est à dire écouter plus fort”. C’est par cette première phrase bien singulière de Beckett que j’inaugure ici, mon premier “post” dans cette rubrique “réflexions” visant à offrir une certaine pensée (la mienne) politisée appliquée à l’actualité, aux sujets sociétaux français et internationaux. Il est crucial de cogiter, nous n’en prenons plus assez le temps. Le fait de penser, de réfléchir, de s’interroger, de débattre, semble être de moins en moins présent dans le quotidien français, tout comme européen, voir mondial. Bien évidemment ceci n’est qu’une vulgaire simplification. Il y a encore, ça et là, quelques esprits fougueux, qui s’aventurent le verbe en bouche sur le terrain du dialogue des idées. Je pense notamment aux multitudes de clubs de débat (universitaires) ou bien aux groupes d’ami(e)s abordant des sujets polémiques et politiques, joutant amicalement, un verre à la main, les vendredis soir. Contre l’ignorance et le populisme, il est crucial que nous nous adonnions à une pratique que nos ancêtres, Les Lumières, ces grands noms qui font notre culture, maitrisaient si bien: penser et débattre. En effet, l’heure appelle plus que jamais au débat, et plus précisément au débat citoyen.

(more…)

Le Pâté

Ceci n’est pas un roman. Ce n’est même pas une nouvelle. Ce sont juste quelques pages. Deux trois idées. Je ne dirais pas que c’est un torchon. Tout de même pas, enfin ça c’est à vous de vérifier, au fil de ces pages. On pourrait dire que c’est une histoire, et encore je n’en suis pas trop sûr. Elle n’est pas longue, mais en même temps n’est pas réellement courte.
Si vous cherchiez une histoire palpitante, une épopée fantastique, jetez cet assemblement de pages – à défaut de pouvoir l’appeler « livre » qui implique nécessairement une certaine éthique d’écriture. Il doit bien y avoir, deux trois étagères plus loin, un Tolkien, un Dumas ou un Gabriel García Márquez qui vous fera voyager, frissonner, vous offrira un univers riche en couleurs et bestioles extravagantes, où les aventures se trempent dans le café au petit déjeuner et les personnages font presque partie de la famille. Ce ne sera pas un voyage solitaire maritime comme celui d’Hemingway, ni même un philosophique comme celui de ce monsieur Jacques et son fidèle maître. C’est une histoire, encore que …
Si toutefois, vous continuiez à lire ce livre, si vous en aviez le courage, ou l’ennui, alors peut-être que vous apprécieriez ces mots qui s’alignent actuellement sous mes yeux. Sous les vôtres aussi mais différemment. Pour vous c’est déjà tracé. Moi par exemple, avant d’écrire « par exemple », je ne savais pas qu’il y aurait écrit « par exemple » après « moi ». Mais ce n’est qu’un exemple. Vous en revanche, avant d’avoir lu « en revanche » vous ne saviez pas qu’il y serait écrit « en revanche »   alors même qu’ « en revanche » était déjà écrit. En quelque sorte, c’est une revanche d’ « en revanche » qui doit toujours attendre d’être lu avant de pouvoir exister. Sauf si bien sûr, on considère qu’écrire c’est exister. (more…)

Flamme éperdue

Flamme éperdue
L’âme est perdue.
Dévorant les entrailles,
Brûlant les chairs,
Créant des failles,
Suffocant dans l’air.
Insoutenable. Privant la vie.
S’échapper, goûter le fruit.

Il est parti, sans son manteau.
A pris une gourde, un sac à dos.
Et le voilà loin de ses peines.
L’air frais parcours ses veines.
Hauts paysages.
Pointes abruptes.
Le vent mord son visage,
Il voit l’interminable lutte
Des fiers sapins s’élevant vers les cieux.
Sur ces montagnes blanches, roches congelées,
Ensevelis par la neige, leurs aiguilles aiguisées,
Contre la brise alpine des monts usés
Et vieux.

(more…)

Le train

Six heures du matin dans la grisaille bruxelloise. Les gouttes de pluie continuent de tomber, imperturbables. Leur longue descente, ballet humide du ciel, les amènent à s’écraser contre les vitres d’une voiture roulant à toute vitesse en direction de la gare. Bruxelles-Midi se réveille à peine. Les quelques clochards y ayant occupé les bancs pendant la nuit se lèvent en faisant craquer les os de leur dos. Les escalators dorment encore, il faudra monter à la force des muscles. Les quais sont presque déserts ; l’ambiance y est encore brumeuse, une fumée invisible ralentit tout ce qui est autour de vous, et donne l’impression d’évoluer au travers d’un flux répétitif et inhibant. (more…)